• Pied de celeri



     Pari sur un pied d'céleri

    de Sophie Langlois





    Article publié dans mon ancien blog en date du 

     Samedi 22 novembre 2008 04:28

    Sous le titre :

    Fowcément ...

    On n'peut pas wigolé tou'l'temps ... Ma fwé ...







    21 novembre 2008

     

    Le pied de céleri à 10 $ canadien !!!

    Ce matin !!!  ... A Dakkar ...



     

     




    Sophie Langlois commence à Radio-Canada en 1993 comme reporter à la radio, à Québec.

    Elle devient ensuite journaliste pour l'émission Enjeux. Puis elle se consacre aux enquêtes économiques pour le service des nouvelles de la télévision, à Montréal. Pendant cette période, elle lève le voile sur le scandale de Cinar, une enquête qui lui a valu le prix Judith-Jasmin en 2000. 
     
    Correspondante parlementaire à l'Assemblée nationale pendant plus de cinq ans (de 2000 à 2005), elle couvre aussi les suites du terrible tsunami en Indonésie et la grippe aviaire au Vietnam. 
     
    Elle devient correspondante à Washington en 2006, où elle rend compte notamment de la spectaculaire chute de popularité de George W. Bush. 
     
    Depuis août 2007, Sophie Langlois est la correspondante de Radio-Canada en Afrique.

    Basée à Dakar, au Sénégal, elle nous fait découvrir non seulement les conflits qui ravagent le continent noir, mais aussi le quotidien de 800 millions d'Africains, leur courage, leur dignité et leur sourire.




    Sources:  Cliquez sur le celeri












    « Les grandes puissances économiques seront sans doute en récession pendant une année » selon une enquête de l'agence de presse Reuters auprès de 250 économistes des pays du G7.



    « L'Afrique, championne mondiale de la croissance économique », titre cette semaine The New African, citant le FMI et les grandes institutions financières internationales. Les économistes doivent avoir raison, ils passent leur vie à faire de savants calculs.

    J'aimerais les inviter à venir passer un week-end à Dakar, Libreville ou Nairobi. 
     
    Le monde à l'envers; 
    C'est sans doute le secret le mieux gardé de la planète: depuis quelques années, les pays d'Afrique au sud du Sahara – les plus pauvres au monde – affichent d'étonnants taux de croissance économique. En 2006, par exemple:
     
    Mauritanie: 13,9 %
    Soudan: 12,1 %
    Sierra Leone: 7,4 % 
    Congo-Brazzaville: 6,8 %
    République démocratique du Congo: 6,5 %
    Ghana: 6,1 %
    Éthiopie: 5,9 %
    Burkina Faso: 5,5 %
    Nigeria: 5,3 %
    Mali, Guinée-Konacry et Kenya: 5 % 

    Et jusqu'ici, la crise financière et boursière a peu touché les prévisions pour 2009. Le FMI a réduit de 6,5 à 6 % sa prévision de croissance pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne en 2009.

    L'inflation, par contre, devrait encore augmenter à 12 %. Les Africains seraient très étonnés de savoir que leur économie va si bien, selon le barème de la croissance. La grande majorité se lève avec la faim dans le ventre et se couche encore plus affamée.
     
    Cela fait 15 mois que je vis en Afrique.

    En fin de semaine à l'épicerie, j'ai vu pour la première fois des pieds de céleri. Je me suis littéralement jeté dessus comme une affamée. Rendue à la caisse, j'ai eu un choc: 3900 francs CFA. Presque 10 $ le pied de céleri. Même prix pour la petite boîte de roquette dont je rêvais aussi depuis 15 mois. Le petit poulet est à 18 $. Une boîte de Corn Flakes, 9 $. Une boîte de savon à lessive de 5 kg vaut 17 $. 
     
    Évidemment, les Africains – 60 % vivent avec moins de 2 $ par jour – n'achètent pas ces produits. Le savon à lessive n'est pas moins cher pour eux. Mais ils l'achètent – de moins en moins – en petite quantité: 1 $ pour une poignée de poudre grosse comme une balle de golf, enveloppée dans du Saran Wrap. À la fin, les 5 kg de savon vont leur coûter plus cher. Mais ils n'ont pas les moyens d'acheter la boite à 17 $. 
     

    Ce commerçant, au marché Castor, à Dakar, vend de plus en plus de marchandises dans de tout petits sacs. Sur la photo, de l'huile et du vinaigre.
     
    C'est l'autre secret bien gardé. Le coût de la vie dans les capitales africaines est beaucoup plus élevé qu'à Montréal, Toronto ou Washington. Et pourtant, les gens ici ont des revenus de misère. 
     
    Pendant ce temps, les pays riches tremblent à l'idée de vivre une récession technique: deux semestres consécutifs de décroissance.

    Le spectre des déficits est agité, pour que tous comprennent bien le sérieux de la situation. Pour que les contribuables des pays riches acceptent mieux l'idée de sacrifier leurs impôts aux « plans de sauvetage » que les multinationales vont continuer de quêter, à coups de millions.

    Des millions dépensés en lobby, relations publiques et savantes études économiques, qui vont prédire la catastrophe, si les gouvernements n'interviennent pas pour les « sauver ». 
     
    « Don't trust anyone in a tie »
     
    « Ne faites confiance à personne en cravate », écrivait cette semaine non pas le rédacteur de discours de Françoise David, mais un gestionnaire de Universa, un des fonds spéculatifs américains les plus performants. 
     
    Nassim Nicholas Taleb, qui avait prédit la débâcle actuelle il y a plusieurs années, écrit dans Newsweek qu'il faut se méfier des banquiers, des économistes et des chiffres, à qui on peut faire dire tout et son contraire.

    « Tu peux toujours trouver un chiffre qui va te permettre d'ancrer une de tes croyances. Je pourrais trouver un lien entre la pression sanguine de votre père ou votre numéro d'assurance sociale et un aspect du marché. » 
     
    Or, nous entrons dans une période faste pour tous les prévisionnistes qui font de savants calculs pour « aider » gouvernements et particuliers à dépenser et à investir leur argent. On va continuer de les interviewer et de les écouter, même s'ils sont en partie responsables de la crise actuelle. 
     
    Je serais prête à parier un pied de céleri avec eux que dans un an, les pays riches qui auront traversé une récession seront encore plus riches.

    Et les pays pauvres qui auront connu une « croissance économique » seront encore plus pauvres.




    21 novembre 2008 - Sophie Langlois de Radio Canada à Dakkar -



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  • Commentaires

    1
    Serge 17 / 22.11.08
    Dimanche 21 Février 2010 à 15:10


    serge17      


    Oh my god que cette conclusion est criante de vérité , on aimerait tellement qu'elle ne fut que caricaturée , malheureusement cette triste ( chute ) nous amènent immanquablement a nous , à me poser cette question " quelle espèce sommes nous ?? ; nous genre humain !!!!!!!!!!!!!! " je l'ai déjà dis dans un de mes commentaires nous sommes capables du meilleur comme du pire , malheureusement le pire l'emporte trop souvent a mon goût sur le meilleur, l'appât du gain sur la raison la cupidité sur la morale ( vertu chrétienne svp ) lorsque l'on sait que ce sont (dans les pays développés ), les plus riches qui se disent catho ; oh mon dieu !!!!!!!!!!! ça fait froid dans le dos .
    Soeur Emmanuelle !!!!!!!!!
    Où vont les brebis égarées !!!!??????



    serge17
    2
    Giovanni/12.01.09
    Dimanche 21 Février 2010 à 15:16

    lun 12 jan 2009 18:24


    (Ben Giovanni voilà, j'aurais voulu mettre ton avatar pour faire le lien, mais je ne le trouve plus dans ma liste d'amis ...  Euh ...  Comprends pas ...  Enfin j'ai fait le lien à partir de ton pseudonyme et voilà ! )


    Giovanni
    mailto







    Comme tu as cent fois raison Mandrag mais je te rappelle qu'aujourd'hui nous vivons dans un monde d'indifférence et d'hyppocrisie ...

    Mois ça me touche énormément de voir ces images cruelles et dures, si je serais dieu , dans le monde plus de différences et plus de pauvreté tout le monde serait au meme piédestal mais je ne le suis pas.

    En tous cas bravo pour ton article.

    Amitié

    Giovanni


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