• Dis ...



    AVATARS

     


    M
    andragora

     

    Officinalis Autumnalis

     

    (de Bertol in Wikipédia)

     

     

    C’est un de ces jours triste et doux ...

    Où la fleur pervenche ...

    Se penche ...

    Sur un trou...

    Et c’est pas tout...

     

    Un de ces jours gris dont j’ignore le tour.

     

    Ragent le vent

    Et la tempête en moi ...                              

    Dis, tu m’entends ? 

    Je te parle ...

     

     

    Se suicident les vagues contre les digues d’effroi

    Craque et rugit la désolation déjà

    A nouveau j’ai perdu pied ...

    Dans la grande flaque mouillée.

     

    Je porte le coquillage à mon oreille

    Rien n’est plus comme avant ...

    Plus rien n’est pareil.

     

    L’habitacle en est vide ...

    Il a perdu le chant de la mer

    Et j’espère -

    Mais le son des vagues ...

    Me revient à l’envers. 

    Gifle la tornade

    Et l’ouragan dans ma mémoire ...

    Dis, viens me voir.

    Je suis loin ?

    J'ai tant de peines ...

    Tant de chagrins ...

     

     

    Se pendent les soleils aux nuages gris

    Amputés d’espoirs.

    Tourne et vire la solitance encore cette fois ...

    A nouveau je perd le nord...

    Face à l’étoile dans ce ciel noir.

    Je touche la nacre du bout des doigts.

    Elle ne me conte plus ses jolies histoires.

    Sa brillance est ternie ...

    Elle n’a plus d’éclats.

    Et sa préciosité ...

    N’est plus qu’une pellicule de moire.

     

    Je scande les mots ...

    Aux regrets de ma plume ...

    Dis, je m’abreuve au calice d’amertume,

    Et si seule là j'évoque les hiers ...

    Le sourire du marin s’est noyé aux lames pures.

    Le bateau vogue seul ...

    Sur un déchaînement de colères.

     

     

    Le serpent a fait tinter sa sonnette ...

    Et planté son venin,

    Inutile d’approcher la seringue, trop tard.

    Il faudra traverser pour la tantième fois

    Le brouillard infini que tu joues au couteau...

     

    Il est beau mon vers ...

    C’est un habitant des vases ...

    Dis !...  Au bas des rocs  la belle s’écrase...

     

    Là-bas au loin le pêcheur taquine le poisson;

    Pendu aux crochets ...

    D’une ligne turquoise

    Il flotte ...

    Au gré d’une boule qui s’en va et revient...

     

     

    Dis ... Entends moi je te prie ...

    Prends ma main ...

    Prends ma main ...

    Oh je te prie, serre moi la main.

     

     

    C’est là la métaphore,

    Le point nu de l’aurore,

    La grimace d’une sirène blessée,

    Qui n’a plus que ses bras ...

    Pour tenter s'accrocher.

     

    Je souffre d'une flèche noire ...

    Atteinte entre les deux yeux

    Je noie ma souffrance au fond d’un miroir.

     

    J’ai une blessure bizarre ...

    Elle s’ulcère peu à peu...

    J’asphyxie ma douleur...

    Dans les mailles d’un grand filet.

     

    S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaisait ...

    De me faire voir un coin de ciel ...

    Un rayon de lumière ...

     

    Il n’est pas sûr ...

    Que le soleil adoucisse les blessures.

     

    Dis ...  Ca dure, oui ça dure ...

    Et je bois la tasse tu le sais ?...

     

    Ni sur les récifs je ne puis m'étendre ...

    Ni sur le sable je ne puis t'attendre ...

     

    Il n'est pas dit que le soleil efface les traces ...

     

    Ni d’ailleurs, ni d’ailleurs, ni d'ailleurs ...

    Il n'est dit, il n'est dit, je le dis...

     

     

    Va le rythme lent du beau couchant...

    Et m'emporte dedans ... 

    Même quand se lève le vent ...

    Et que s’obscurcit le ciel ...

    Il ne peut de sa force balayer les tourments ....

     

    Je suis face à face, face à eux, face à moi...

    Ils me tiennent le coeur, je suis leur proie ...

    Ah la vie qu'elle puisse un jour...

    Un seul jour oui rien qu’un elle puisse...

    Me laisser regarder l'aurore sans effroi ...

    Sans me voiler la lumière, ni son éclat ...

    Qu'elle puisse, oui, d'un matin jusqu'au soir...

    Me laisser traverser le jour dans la joie.

     

    Dis, je te parle, je te parle tu m'entends ?

    Quand nous serons vieux...

    Quand nous n'aurons plus d'âge...

    Dis, sois serein et sage et ne me dis pas non.

     

    Dans ce fauteuil cossu ...

    Où nous basculerons nos souvenirs ...

    Je te raconterais le deuil d’une sirène ...

    Sauvée d'un naufrage...

    Par un pêcheur de mirages qui a pu la retenir...

     

    Je te raconterais les grottes obscures...

    Et les abyssales cavernes...

    Où elle tentait vainement de se cacher.

    Et puis les yeux magiques d’une lanterne

    Par lesquels elle s’est laissée happer.

     

    Tu verras dans les eaux que je te conterais

    Les traînées de son sang se mélanger aux lames

    Et dans le silence de mes paroles entrecoupées

    Tu entendras jaillir le cri inhumain...

    La douleur ancienne d’une enfant...

    Emergée des brisants devenue femme.

     

     

    Le pêcheur était songe ...

    Elle le croyait réel...

    Les lumières n’étaient reflets...

    Que de quelques pâles soleils.

     

    Elle s’est blessé aux écailles des requins ...

    A vouloir poursuivre trop loin...

    Un reflet qu’elle prenait pour un rêve marin.

     

     

    La souffrance donne aux poètes les mots,

    Aux musiciens la musique...

    Aux compositeurs les sons...

     

    Tout près du coeur j’ai une douleur

    Là où le temps est fait de leurre

    Je calque ma vie sur le néant

    Qu’imprime aux mers la force des vents.

     

    J’ai mal je le sens et suis encore en agonie...

    Dis !  Je crie tu m'entends, je crie !

    La peur se déplace dans les océans traversés...

     

    J’ai fui ?

    Il se peut, oui il se pourrait...

    Que j'aie fui...

    Emportée par ma frayeur...

    Mais vois que j'échoue sur la grève...

    Vois les battements de mon coeur...

    Ils ne connaissent de trêve...

     

    Je sais qu’il n'est nulle part...

    Un coin de ciel qui donne la paix...

    C’est dans la lutte contre les courants...

    Qu’il faut l'aller gagner...

     

     

    J'ai l'âme si blessée, si malmenée...

    Si torturée, si tourmentée...

    Hélas oui, je le sais !

     

    Dis, fais moi la place, une petite place,

    Regarde, je déchire mes mots en lambeaux...

     

    Au secours,

    J’ai dans la gorge un glaive ancien...

    Ils ne savaient pas, ne comprenaient rien...

    Je ne demandais que si peu ...

    Quelques feu-follets...

    Quelques lucioles d’amour.

     

     

    D'amour oui ...

    C’est le mot très à la page

    Ce mot si fou, ce mot si doux...

    Ce mot qui brise tout...

    Ce mot cruel ...

    Ce mot manquant ...

     

    Un rayon de lune me réchauffe le coeur

    Juste à l’endroit où bat ma douleur.

    Et j’espère ...

    Les pulsions de mon sang ...

    Sont des grondements...

    Ou est-ce un bruit de tonnerre au couchant ?

    Oui j’entends là que résonnent..

     

    Des mots toujours

    Des mots velours

    Ils viennent égayer l'atmosphère

    De tendres vallons en de douces terres

    Qui me font les yeux jaloux.

     

     

    J’ai froid au coeur.

    Dis...

    Et je pleure.

    J’ai froid en moi,  et des sanglots.

    Et dans les entrailles un pas de galop,

    Un cheval noir  promène son ombre...

    Dans ma portée de contre-temps.

     

    Et me revient là, dans la mémoire,

    Une fable vieille qui dit cigale...

    Et je chante dans ma cavale

    Pour ne pas m’enliser à tout jamais.

     

    Dis, entends moi dis...

    Entends moi s'il te plaît...

     

    J’appelle, j'appelle dans le silence...

    J'appelle dans le néant...

     

    Je m'égosille dans la nuit noire...

    J'appelle, oui, j'appelle l'espoir...

     

    Dis viens, viens me voir ...

     

    Demain qui vient en est toujours un ?...

    Va ... Je le sais bien ...

    Je marche dans ce chemin ...

     




     

     
     

     

     

    Mandragaure

     

     


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  • Commentaires

    1
    abon
    Vendredi 30 Avril 2010 à 20:22
         


    2
    Samedi 1er Mai 2010 à 00:19
                                              
                                                            

                                                                           
                                                                           
                                                               
                                                       
                                                   
                                                   
                                                    
                                                        
                                                           
                                                               
                                                                 



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